Les transports sont responsables en France de 30 % des
émissions de gaz à effet de serre et la voiture y contribue à
hauteur de 16 %. Il y a donc un véritable enjeu à décarboner
nos moyens de déplacement. De plus si on se place au niveau de la
Bourgogne Franche-Comté, région majoritairement rurale et donc
dépendante de la voiture, les chiffres sont encore plus élevés.
La
voiture électrique fait partie de la solution pour réduire la
pollution car sur l’ensemble de son cycle de vie, c’est-à-dire
de la fabrication à son recyclage, elle est largement moins
polluante qu’une voiture thermique. Cependant
la production de voitures électriques n’est pas sans poser de
problème. Outre les matériaux pour la construire, il faut également
des batteries, ce qui implique l’exploitation de ressources comme
le lithium. De plus, ces véhicules sont lourds avec des
conséquences sur l’usure des pneus et des plaquettes de frein, ce
qui génère une pollution aux particules fines. Ces dernières sont
particulièrement dangereuses pour la santé notamment au niveau des
voies respiratoires. Notons
que les plus petites des voitures électriques pèsent environ 1
tonne 5. Donc quand on se déplace seul dans sa voiture on utilise un
véhicule d’1 tonne 5 pour déplacer en moyenne 80 kg, ce qui n’est
franchement pas optimisé !
Ainsi
on peut se poser la question si on ne pourrait pas faire mieux,
notamment pour les petits déplacements du quotidien.
Le
vélo, et particulièrement le vélo à assistance électrique est
une piste intéressante mais il présente des inconvénients
évidents : le transport de marchandises ou de personnes est
limité et on est exposé aux intempéries.
C’est
là qu’entrent en jeu une nouvelle catégorie de véhicules :
les véhicules intermédiaires, qu’on appelle familièrement les "vélis".
Mais
qu’est-ce qu’un véli ?
Les
vélis ont été créés en quelque sorte pour combiner les
avantages des vélos à assistance électrique et ceux des voitures
électriques, tout en atténuant leurs défauts. Ils peuvent être
considérés comme le « maillon manquant » entre les
vélos et les voitures.
Il
existe une grande variété de modèles de vélis. On peut néanmoins
citer quelques caractéristiques qui se retrouvent fréquemment :
Ils
peuvent être utilisés lors des intempéries car généralement,
ils ont un toit.
On
peut transporter plus de bagages, car ils ont souvent un petit
coffre. Certains peuvent transporter plusieurs passagers
Ils
sont légers : entre 200 et 500 kilos
Ils
consomment jusqu’à 10 fois moins d’électricité que les
voitures électriques classiques
Ils
ne
nécessitent que peu de matériaux, qui peuvent être d'ailleurs
issus du recyclage. Cela signifie également qu'une production
locale est possible
Ils
sont durables : l'entretien et la réparation sont relativement
simples. On est plus proche d'un vélo à
assistance électrique
que d'une voiture.
Enfin,
certains
véhicules intermédiaires ont des pédales ce qui permet de
pratiquer une activité physique.
Avec
un véli, en fonction du modèle choisi, on peut rouler de 25 à 90
km heure et on peut parcourir environ 80 km. Ils est donc tout à
fait adapté pour nos trajets du quotidien, comme par exemple se
rendre sur son lieu de travail, aller faire ses courses ou encore
pratiquer un loisir.
Si
le thème des véhicules intermédiaires vous intéresse, vous pouvez
regarder sur internet une série de vidéos qui s'intitule "la nouvelle aventure mobile". Un
vélo-reporter, Jérôme Zindy, a effectué un tour de France à bord
d'un véhicule intermédiaire. Il est parti à la rencontre des
habitants, des associations et des entreprises.
Le rêve de tous les cyclistes, c’est de pouvoir rouler sur une voie sécurisée, c’est-à-dire séparée de la circulation motorisée. En Bresse Bourguignonne la seule voie de ce type qui existe, c’est la voie verte qui relie Chalon-sur-Sâone à Lons-le-Saunier. Elle traverse le territoire d’ouest en est et je la vois comme une sorte de route express du vélo. Comme cela a été évoqué dans une précédente émission, cette voie verte a autant une fonction touristique qu’une fonction utilitaire, puisqu’elle dessert des zones d’activité comme par exemple la Zone Industrielle de Branges.
Si il est évident que cette voie verte est une chance pour le territoire, elle est cependant totalement insuffisante, puisque de nombreuses zones sont exclues. Je pense notamment aux parties Nord et Sud de la Bresse.
Le problème est que créer des voies sécurisées représente un investissement important. En effet un aménagement de voirie cyclable coûte plusieurs centaines de milliers d’euros pour simplement un km. Et bien évidemment, il faut en plus prévoir les charges d’entretien.
La conclusion qu’on peut facilement tirer, c’est que vu le contexte financier actuel, on ne va pas mailler le territoire avec des aménagements cyclables spécifiques.
Mais alors, me direz-vous, c’est fichu pour le vélo ?
La bonne nouvelle c’est que non il existe des solutions ou tout au moins des pistes.
Sachez qu’en France métropolitaine il y a 3 millions de km de routes, dont de nombreux petits chemins. L’idée serait de réaffecter une partie de la voirie pour la circulation des vélos. Dans le principe, les voitures seraient encouragées à emprunter les grands axes et les vélos eux seraient prioritaires sur les petites routes. On pourrait même réserver certaines sections aux vélos et autoriser la circulation uniquement pour les riverains ou les engins agricoles.
Ce principe est appelé « le partage des voies », on rééquilibre l’utilisation des routes. La voiture, sans être bien évidemment bannie, perd son statut hégémonique sur certains tronçons.
Une étude a montré que réaffecter seulement 3,5% de ce réseau routier, donc 3,5 % des 3 millions de km, suffirait pour relier les communes principales sur les territoires périurbains et ruraux.
Cette réaffectation aurait un coût mais il serait très inférieur à celui d’un maillage avec des voies créés spécialement pour le vélo. De plus cette solution serait plus respectueuse de l’environnement car elle éviterait l’artificialisation des sols.
Pour conclure, je dirais que cette approche, qui consiste à requestionner le partage de la route, demande d’une part un changement de vision des politiques et d’autre part un changement de comportement des usagers. Notons enfin qu’il est important d’expliquer et de mener des concertations avec les habitants, les riverains et les agriculteurs concernés par les projets.
Si le sujet vous intéresse, vous pouvez regarder ce qu’a fait le département de la Corrèze, un des départements pionniers en la matière. Le projet s’appelle les Voies Vertes Pâles. Vous pouvez également visionner sur YouTube l’épisode intitulé « La Corrèze » et publié dans la série « La France Cyclable », proposé par le vélo-reporter Jérôme Zindy.
Mission Mobilité loue des vélos à assistance électrique à un tarif solidaire pour dépanner ceux qui cherchent un emploi. Nous les aidons à (re)trouver leurs marques et les accompagnons jusqu’à l’endroit où ils vont aller travailler pour leur montrer le bon itinéraire.
« Si la personne habite Louhans, le vélo à assistance électrique lui permet de rejoindre facilement la zone industrielle où il y a 1800 emplois, d’autant plus qu’on a une voie verte pour y aller ».
« J’ai besoin du vélo parce que je suis aide à domicile et que je vais entrer dans une formation dans laquelle il y a des stages à effectuer. Le vélo va me permettre d’aller plus loin dans mes recherches de stages. Dans l’immédiat, je n’ai pas d’autre solution ».
La cérémonie locale de remise des prix du Challenge de la Mobilité 2025 aura lieu mercredi 10 décembre à 18h au café associatif de Saint-Usuge. Le programme est le suivant :
- Bilan du challenge de la mobilité pour les 4 communautés de communes de la Bresse Bourguignonne
- La mobilisation pour l'année prochaine
- Discussion sur la mobilité dans le cadre des déplacements domicile-travail
Mercredi 26 novembre à 20h à la salle des fêtes de Condal (entrée libre).
Venez échanger et découvrir les mobilités de demain ! Et si ces véhicules légers, écologiques et économiques devenaient une alternative crédible à l’automobile classique en milieu rural ?